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Galaxy Express 999 : le film (1979)

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Comme souvent au Japon, tout commence par un manga. Celui de Galaxy express 999, dont l'auteur est Leiji Matsumoto (le créateur du capitaine Harlock, alias Albator, entre autres) est publié au Japon en 21 volumes entre 1977 et 1981. Le succès venant, le manga est rapidement adapté en une série télévisée de 113 épisodes de 1978 et 1981 et en deux films (Galaxy Express 999, 1979 et Adieu Galaxy 999, 1981). Plus récemment, Leiji Matsumoto a dessiné une suite au manga (1996) et un troisième film est sorti (Galaxy Express 999 : Eternal Fantasy, 1998).

Comparé à Albator, Galaxy Express 999 reste assez méconnu en France et c'est bien dommage! C'est d'ailleurs en partie  ce manque de notoriété qui m'a pousser à écrire cet article.

 

Personnellement, je n'ai pas lu le manga. J'ai seulement vu quelques épisodes de la série à la télé et le premier film d'animation. C'est de ce dernier dont je vais parler. Il a l'avantage de résumer en 128 minutes l'intégralité du manga et de la série télévisée, ce qui donne une vue synthétique de cette oeuvre de Matsumoto.

 

Dans cet article, je me contente de présenter le film et d'en faire une critique personnelle. Dans un deuxième article, je m'attarderai davantage sur certains des thèmes principaux de Galaxy Epxress 999.

 

 

PRESENTATION DE GALAXY EXPRESS 999

 

Fiche technique

 


Bref résumé

 

L'histoire de Galaxy Express 999 se déroule dans un univers de science-fiction, dans une ambiance de space-opéra. L'humanité a essaimé à travers la galaxie et s'est divisée en deux catégories bien distinctes. Pour acquérir l'immortalité, les individus les plus riches abandonnent leur corps humain pour celui d'un androïde fabriqué sur la planète Andromède, un astre entièrement mécanisé. Les plus pauvres gardent leur corps d'origine et sont considérés par les autres comme des citoyens de seconde zone, avec lesquels ils ne se mélangent pas ou peu.

Sur Terre, un jeune orphelin, Tetsuro Hoshino, vit dans les quartiers pauvres de Megalopolis. Souhaitant rejoindre la planète Andromède afin d'obtenir un corps d'androïde, il cherche à voler un billet pour prendre le galaxy Express 999. Sauvé de la police par Maetel, une mystérieuse jeune femme, il embarque avec elle sur le 999 pour un long voyage à travers la galaxie.

 

 

Quelques personnages clés

 

 

  • Tetsuro Hoshino

Tetsuro est un jeune garçon dont la mère a été tuée par le Comte. Depuis, il survit dans les taudis de Megalopolis. Son rêve est de devenir un androïde pour tuer le Comte. Mais, pour cela, il lui faut d'abord un billet pour le Galaxy express 999...

 

 

  • Maetel

Une mystérieuse jeune femme qui ressemble comme deux gouttes d'eau à la mère de Tetsuro. Elle propose à ce dernier de lui fournir un billet pour le 999, mais à la condition de l'accompagner dans son voyage. Les motivations de Maetel ne sont pas vraiment claires.

 

 

  • Le Comte

Un homme qui fut autrefois bon, mais qui est devenu un être sanguinaire depuis qu'il a pris un corps d'androïde. Son loisir favori est la chasse aux humains, qu'il abat comme du gibier. Il est responsable de la mort de la mère de Tetsuro.

 

 

  • Albator

Est-il encore besoin de présenter ce corsaire de l'espace, redresseur de torts et défenseur de la veuve et de l'orphelin ? Albator connaît Maetel et Emeraldas.

 

 

  • Emeraldas

Une femme pirate à la terrible réputation. Maetel et Emeraldas semblent bien se connaître.

 

 

 

  • Promotheum

Reine de la planète Andromède, la planète-machine, où tous les androïdes de la galaxie sont fabriqués. C'est le terminus du Galaxy Express 999.

 

 

 

CRITIQUE DU FILM

 

Aspect visuel du film

 

 

Evidemment, GE 999 date de 1979, donc ne vous attendez pas à en prendre plein la vue côté animation; à ce niveau-là, il fait un peu daté. Cependant, ce qui laisse le film agréable à regarder malgré tout, c'est le style unique de Leiji Matsumoto, grâce auquel on reconnaît une de ses oeuvres au premier coup d'oeil.

Comme toujours, Leiji s'amuse à mélanger des éléments de science-fiction avec d'autres qui appartiennent à notre passé. Par exemple, Megalopolis intègre dans un style architectural globalement futuriste, des éléments de styles du 18ème au 20ème siècle : néo-classique, art déco, etc. Au début du film, observez attentivement la décoration intérieure de la gare de Mégalopolis, d'où Tetsuro et Maetel prennent le 999. De même, les vaisseaux spatiaux mélangent des technologies de toutes les époques. Le meilleur exemple est le vaisseau d'Emeraldas, mélange audacieux d'un vaisseau de ligne du 18ème siècle, d'un dirigeable de la première moitié du 20ème siècle et d'un vaisseau futuriste. Quant au 999 lui-même... il a l'aspect d'un train à vapeur de la première moitié du 20ème siècle, mais cache en ses flancs une technologie futuriste qui lui permet de voyager dans l'espace en toute sécurité. Les habits des personnages, comme par exemple ceux d'Albator et Maetel, mêlent également des styles de diverses époques.

Et, ce qui est curieux, c'est que ce style visuel en costume d'arlequin fonctionne très bien. Rien ne choque, tout se marie bien, et ce style original peut même exercer une certaine fascination sur le spectateur, contribuant à l'immerger dans l'histoire et au-delà, dans l'univers de Matsumoto.

Autre facette du style graphique de Matsumoto : le chara-design. Impossible de s'y tromper dès qu'on voit des filles longilignes aux très longs cheveux, des grands maigres et des petits gros.

 

 

 

Bande originale

 

Elle colle très bien à l'histoire et contribue à donner à l'ambiance du film ce mélange très particulier de légèreté et de gravité.

 

 

La trame du film

 

Malgré quelques maladresses, le scénario est assez bien rythmé et réserve quelques surprises sympathiques.

Mais l'intérêt principal du film, c'est qu'il suscite aussi bien l'émotion que la réflexion, selon un dosage assez subtil.

La complexité et l'ambiguité des personnages les rendent très humains à nos yeux. La personnalité de Tetsuro, dont les multiples facettes nous le font paraître tour à tour mature ou enfantin, nous le rend attachant. Celle de Maetel peut laisser mal à l'aise, tant elle peut paraître ambigue. Ces personnages sont confrontés par la vie à des choix difficiles, qui éprouvent leurs convictions  et leurs aspirations profondes de la façon la plus cruelle qui soit.

On retrouve cette ambiguité et cette complexité dans la dépiction de l'univers dans lequel évoluent les personnages. La course à l'immortalité et à la perfection, l'ambiguité du progrès technologique, la poursuite des rêves, la solitude et la nostalgie sont autant de thèmes qui tissent l'ambiance de GE 999.

Il existe ainsi de nombreux points d'entrée dans ce film et c'est ce qui en fait la richesse, car chacun de nous peut se l'approprier d'une façon très personnelle, pour peu qu'il accepte de s'embarquer dans le Galaxy express avec Maetel et Tetsuro.

 

 

CONCLUSION

 

Au final, malgré quelques défauts, ce qui frappe dans cette oeuvre, c'est la maturité  inattendue qui s'en dégage. Leiji nous présente un univers et des personnages en demi-teinte, parcourus d'ombres et de lumières, une histoire riche, qui pose à chacun de nous et à nos sociétés la question du sens de la vie.

Personnellement, je reconnais un grand film à l'ambiance unique qu'il parvient à créer, de celle qui vous fait traverser l'écran et qui vous transporte vers un ailleurs.

Quoi de mieux qu'un train de luxe pour faire ce voyage ?

 


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13/10/2011
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