Fruits de passions

Fruits de passions

(Quasi) tour des glaciers de la Vanoise en trois jours

 

 

 

 

Date : fin août 2007

Durée : trois jours

Départ : Pont de la Pêche, vallée de Pralognan

Arrivée : Pralognan la Vanoise

 

Résumé : une superbe randonnée, qui permet de faire le tour des glaciers dans le sens contraire des aiguilles d'une montre. Parti du pont de la pêche le premier jour, j'ai gravi le col d'Aussois, frontière de la Tarentaise et de la Maurienne, avant de redescendre vers le refuge du fonds d'Aussois, où j'ai dormi. Le deuxième jour, j'ai rejoint le GR5, qui contourne la Dent Parrachée par le Sud, avant de me diriger vers le Nord-Est. Arrivé le soir au refuge de l'Arpont, je suis reparti le lendemain vers le Nord, jusqu'au col de la Vanoise, qui m'a permis de rejoindre la Tarentaise et de redescendre sur Pralognan. Les conditions météo étaient bonnes, après des semaines très médiocres : c'était encore voilé et froid le premier jour (il avait neigé la veille sur les sommets), mais beau et chaud les jours suivants.

 

 

 

 

  Après avoir garé ma voiture au parking du pont de  la Pêche à 7h du matin (1700 m environ), je commence par suivre la route de terre qui longe le torrent, avant de le traverser au niveau du refuge du Roc de la pêche et d'attaquer le sentier qui mène au col d'Aussois (2900 m environ). Dur sentier que celui-là, qui est de plus en plus raide au fur et à mesure de la montée et dont la dernière partie passe dans un pierrier. Mais à l'arrivée au col, quel bonheur : une superbe vue sur la vallée de Pralognan, jusqu'au Mont-Blanc.

 

 

Etant en avance sur mon horaire, je décide de pousser jusqu'au sommet de la pointe de l'Observatoire, toute proche et à peine 100 mètres plus haut (3015 m). Je conseille de faire ce petit crochet, qui en vaut la peine. Car, outre la satisfaction de contempler la vallée de Pralognan de plus haut, on a une vue superbe sur les glaciers du Genepy, sur la Dent Parrachée (3697 m), sur les sommets de la Maurienne (et derrière : Itaaalia!^^), sur l'impressionnante Pointe de l'Echelle (3422 m), au loin, sur le massif des Ecrins (le Pelvoux, la grande barre des Ecrins (4102 m), la Meije (3983 m),le Rateau (3809 m), etc), sur le massif de Péclet-Polset (3561m) et le glacier de Gebroulaz. Attention à la falaise sur le versant Nord et Ouest de la Pointe de l'Observatoire. Je ne suis habituellement pas sujet au vertige, mais là, la tête me tourne : 300 m d'à pic! La hauteur de la tour Eiffel mais sans rambarde, donc prudence! Soi dit en passant, je vois des pitons dans la roche : c'est donc une voie d'escalade.

 

 

Comme il fait froid et venteux au col (gla gla) et qu'il est encore tôt, je commence à descendre sur la Maurienne, espérant trouver un coin agréable pour pique-niquer. Après cela, je continue tranquillement ma descente vers le refuge du Fonds d'Aussois, que j'atteins vers 14 h. Bilan de cette première journée : positif. Seul regret : contrairement à il y a 18 ans, je n'ai pas vu de bouquetins, alors qu'il y en a souvent sur le versant Maurienne du col d'Aussois. On peut même les approcher plus facilement que les chamois, à condition de ne pas exagérer!

 

 

Le lendemain et après une bonne nuit de sommeil (merci les boules quies, outil indispensable de quiconque souhaite dormir dans ce qui ressemble à une forge!), je quitte le refuge d'un bon pas, car la deuxième étape est longue : rejoindre le GR 5, contourner la dent Parrachée par le Sud, avant d'atteindre le refuge de l'Arpont vers le Nord-Est. Pas de gros dénivelé cette fois, mais une succession de petites montée et descentes, du faux plat, et tout cela sur plus de 20 kilomètres (à la louche). Tout le long du trajet, une vue superbe sur la vallée et sur les sommets de la Maurienne : l'aiguille de Scolette (3509 m), le mont d'Ambin (3378 m), le signal du grand mont Cenis (3377 m), la pointe de Ronce (3610 m), etc. Pas d'incident notable, hormis une rencontre avec une marmotte, un troupeau de moutons et leurs inséparables patous, des chiens de protection. Un détail : si vous en rencontrez, restez calmes et laissez-les vous approcher pour qu'ils puissent vous renifler. Ils veulent juste vérifier que vous n'êtes pas une menace pour le troupeau. C'est pourquoi il est préférable de ne pas s'approcher de ce dernier.

 Le patou, le chien de Belle et Sébastien^^

 

A l'heure du déjeuner, il fait bien chaud et je cherche désespérément un coin à l'ombre pour manger (les jours se suivent et ne se ressemblent pas...). Je finis par en trouver un dans une pente herbeuse, à l'abri d'un rocher. Le reste du trajet jusqu'au refuge est agrémenté par une rencontre avec une marmotte et son petit, qui se faufilent dans des hautes plantes avant de se planquer sous un rocher. A l'arrivée au refuge, je suis fatigué par la marche et par la chaleur.

 

 

Au refuge, je fais connaissance avec deux soeurs d'une vingtaine d'années, qui font le tour complet de la Vanoise en cinq jours dans le sens inverse de mon trajet (Pralognan, refuge Félix Faure, refuge de l'Arpont, refuge de la dent Parrachée, refuge de la Valette, retour à Pralognan).

 

 

Le lendemain, j'ai encore un long trajet à parcourir. Je dois remonter vers le Nord, rejoindre le col de la Vanoise et le refuge de Félix Faure, avant d'entamer une longue descente jusqu'à Pralognan, ma destination finale. Tout va bien jusqu'à Félix Faure, le chemin n'est pas bien difficile et je fais assez peu de dénivelé en montée et en descente. Sur un immense replas autrefois occupé par le glacier de Chasseforêt, je croise un berger désemparé qui cherche ses patous. J'espère qu'il les a retrouvés. A défaut de chiens, je croise un superbe aigle royal, mais je n'ai pas le temps de dégainer mon appareil photo. Appelez-moi "slow gun", snif...

 

 

L'arrivée au col de la Vanoise m'impressionne, écrasé que je suis par l'énorme masse de la grande Casse (3855 m), le plus haut sommet de Savoie, prolongée par celle de la grande Motte (3656 m). Faisant face à la Maurienne, un ancien bunker français surveille encore la frontière italienne. A ce sujet, en juin 1940, les unités de chasseurs alpins françaises ont réussi l'exploit, malgré leur infériorité numérique,  à stopper l'armée allemande au Nord et l'armée italienne à l'Est et ce, jusqu'à la capitulation. Voici un épisode de la campagne de France de 1940, désastreuse pour nous, qui gagnerait à être plus connu du grand public.

 

 

Du col, on a une dernière vue sur la Maurienne, notamment sur le Grand roc noir (3582 m).

 

 

Après avoir dépassé le refuge Félix Faure, je déjeune devant l'ex-lac des assiettes. Paix à son âme : le peu d'eau qui restait encore il y a quelques années a totalement disparu, laissant la place à une étendue plate occupée par des alluvions apportées par d'anciens torrents...

 

 

Après le déjeuner, les choses se gâtent dans la très longue descente finale vers Pralognan, qui fait plus de 1100 m de dénivelé. Plutôt que de passer au Nord de l'aiguille de la Vanoise par le chemin traversant le plan des Vaches, plus long mais moins pentu, je fais la bêtise de passer par le sentier de l'Arcelin. Je m'en mords les doigts : la pente est très forte et une douloureuse tendinite se déclenche au niveau de mon genou gauche. N'en pouvant plus, je décide de changer de chemin, en montant 50 mètres de dénivelé jusqu'au col de Moriond, avant de descendre vers le Nord aux chalets de la Glière. De là, je remonte encore un peu pour gagner le téléférique, afin de l'utiliser pour les derniers 500 mètres de dénivelé. Pas de regret : à pied, cette dernière descente, qui se fait sur une route de terre au milieu des pylônes de remontées mécaniques, ne présente pas d'intérêt. De toutes façons, mon genou ne m'aurait pas permis de la faire.

 

 

Bilan : Sur le dernier jour, j'ai payé pour mon manque global de préparation physique, dû au mauvais temps qui m'avait empêché de marcher suffisamment durant les deux semaines précédentes. J'ai fait également des erreurs de jugement. Au vu de ma condition physique, qui était un peu limite, j'aurais dû dormir au refuge Félix Faure et réserver la descente finale pour un quatrième jour de marche. Et surtout, j'aurais dû éviter le sentier de l'Arcelin, que je déconseille, surtout si vous n'êtes pas trop sûrs de vos genoux!

 

 

Contrat Creative Commons
Le contenu de Fruits de passions by Guillaume Humblot est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported.



05/05/2011
4 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Voyages & tourisme pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 7 autres membres